2 juillet 2013
Publié par Anne-Elizabeth

Yaniss Odua : « Réaliser l’album Moment idéal en Jamaïque m’a beaucoup apporté »

A l’occasion de la sortie de son tout dernier opus Moment idéal, le chanteur martiniquais Yaniss Odua accorde une interview exclusive à Tropicalizer. L’artiste raconte son expérience en Jamaïque avec des grosses pointures du reggae dont Richie Spice et Dean Fraser. Allez, c’est parti, c’est le Moment idéal pour parler de cet album.

 

Après 5 ans d’absence, te revoilà enfin. C’est le  Moment idéal selon toi ? Pourquoi ce titre ?

Oui, j’espère, vu qu’on m’a souvent répété  « A quand un nouvel Album ? ». Donc, j’ai pensé que c’était effectivement le Moment Idéal.

 

La conception de cet album a duré 4 ans, quels sont tes meilleurs souvenirs durant cette période (duos, collaborations artistiques, anecdotes en studio…) ?

Tous les moments ont été de très bons souvenirs, du maquettage à l’enregistrement définitif de l’album. En ce qui concerne les collaborations, elles ont été de purs moments de plaisir. J’ai pu inviter notamment le grand frère Tiken Jah Fakoly pour parler de l’Histoire entre l’Afrique et la Caraïbe, dans le morceau Madinin’Africa. Jonathan « Racko » Contreras, lui, nous a ramené la couleur 100% latino sur Rumbaton, un morceau produit par Kahifa et Martin (qui sont artistes eux-mêmes), avec qui je travaille en France depuis 2 ans déjà. J’ai aussi travaillé avec C-Sharp, groupe révélation reggae en Jamaïque 2012 avec le lead vocal Chevaughn, on a partagé notre passion pour la musique sur le Music is my life. Et Richie Spice qui est un artiste reggae Jamaïquain que j’apprécie depuis plus de 10 ans, il nous a fait l’honneur de partager son point de vue sur la génération à venir.


Cet album aborde des thèmes très sérieux comme l’écologie, l’éducation et la transmission de valeurs à la jeunesse, peut-on dire que c’est l’album de la maturité ?

L’album de la maturité… Je ne pense pas particulièrement, pour moi c’est une prise de conscience sur notre situation actuelle ! J’ai la chance d’être sur scène, j’en profite pour parler de ce qui peut être changé pendant qu’il en est encore temps. Je n’aime pas les regrets !

 

Tu as choisi la Jamaïque pour la réalisation de Moment idéal. Explique-nous ce choix, est-ce particulier de travailler sur la terre de Bob Marley?

Le fait de réaliser cet album en Jamaïque m’a apporté beaucoup au niveau expérience, je parle particulièrement de la manière d’aborder la musique en elle-même ! Pour l’anecdote, une fois, j’ai entendu le réalisateur dire à un musicien que les enfants jouaient de la musique, mais que nous c’était notre travail !


Justement, ton premier single extrait de cet opus est Rouge vert jaune, un véritable hymne au mouvement rastafari, coïncidence après ton expérience Jamaïque ou un simple choix artistique ?

Très sincèrement, c’est un peu des deux. C’était une façon d’annoncer la couleur de l’album. J’ai profité de l’occasion pour parler de manière très simple du mouvement Rastafari, je dis bien une manière simple d’en parler, pour ceux qui ne sauraient pas de quoi il s’agit exactement…

 

Parle-nous un peu de ce choix du carnaval de Bordeaux pour tourner une partie du clip, riche en couleurs et en diversité culturelle.

Music’Action, notre tourneur, avait un char reggae promotionnel pour le Reggae sun ska et nous a proposé de l’utiliser pour pouvoir faire des images avec le public. On a pu prévenir tout le monde qu’on y serait pour tourner des images du clip et ça s’est transformé en big truck (sound system mobile). Tout le monde a joué le jeu ! J’en profite pour remercier tous ceux qui étaient présents et qui nous ont donné la force pour avoir ce résultat !

 

Yaniss Odua – Rouge jaune vert

 

Tu as travaillé avec des grands de ce milieu sur cet album, racontes-nous ces rencontres avec Richie Spice (c’est tout de même sa première collaboration avec un artiste français, pourquoi toi ?), Dean Fraser, Clive Hunt, etc.

Richie Spice est un artiste que j’apprécie depuis très longtemps, donc quand on était en Jamaïque, j’en ai discuté avec Clive Hunt (qui est le réalisateur de l’album) et il m’a dit que c’était une bonne idée. A partir de là, on a proposé le projet à Richie et il a accepté ! En ce qui concerne Dean Fraser, c’est un peu la même démarche, c’est un très grand musicien que j’écoute depuis que je suis petit, je voulais travailler avec lui depuis très longtemps. Pour le coup, on a vraiment eu de la chance parce que Dean Fraser, c’est lui qui décide avec qui il veut travailler ! Donc, encore merci au grand Dean Fraser d’avoir accepté de collaborer avec nous sur l’album…

 

Ta tournée promotionnelle n’inclut pas la Martinique et la Guadeloupe, pourquoi ?

C’est assez simple, la tournée promotionnelle inclut tous ceux qui nous invitent ! When u ready, mi ready !

 

Déjà 20 ans de carrière et de nombreux concerts à ton actif dans le monde entier, quel a été ton concert préféré (ambiance, public, anecdotes) ?

Wouaw… Il y en a beaucoup qui m’ont marqué : l’Afrique, pour commencer ! J’ai eu la chance de jouer en Guinée deux fois. La première fois pour le Festival « Anéné » en 2007 et la deuxième fois, j’ai été invité par Takana Levy Zion pour le show de présentation de son album Zion prophet en décembre 2008. La Nouvelle-Calédonie, avec la rencontre des chefs des tribus qui nous avait prêté une terre magnifique pour faire notre show en live, et l’amour du peuple Kanak est gravé à jamais dans ma mémoire. L’Île Maurice, pour le « Reggae donn sa» en 2010 avec Nuttea, un gros big up aux organisateurs, depuis ils sont devenus des amis et je les considère comme un exemple à suivre… La Guyane, à chaque fois que j’y vais, c’est de plus en plus intense ! Big Respect à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent du Maroni, for ever !


Du Little Yaniss, dans les années 90, au Yaniss Odua des années 2000, les choses ont bien évolué dans ce milieu, quel bilan fais-tu ?

On a de la chance parce que le reggae est une musique vivante et vraiment large, donc l’évolution se fait avec son temps ! Je me souviens de l’époque ou j’ai commencé en 1988, quand il y avait des sounds systems, il n’y avait aucune pub pour les annoncer, mise à part le bouche à oreille. Je me souviens de la façon dont on enregistrait nos maquettes, etc. Je trouve que c’est vraiment une sacrée belle évolution.

 

Quel est ton message pour notre jeunesse ?

Profitez de la vie à fond, mais sans faire de conneries ! Travaillez à l’école pour mettre toutes les chances de votre côté ! A vous de jouer…

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Ajoute un commentaire
  • Azaryas
    03 juillet 15:52

    Bjr
    Dans l interview lorsque Yaniss parle des concerts qu il a apprécié concernant la GUYANE il y a un grossière erreur concernant l orthographe de la ville de KOUROU et non « courroux » comme vous l avez écrit ,
    Je vous pris de bien vouloir rectifier cela car j ai eu un gros chagrin au cœur de lire cela .
    Musicalement

  • Linda
    03 juillet 21:15

    Nouvelle tournée de YaniSs Odua, ça va être du BIG FYIAH !!! Juillet/Août 2013. Venez nombreux et partageons la Joie et la Bonne Humeur. RASTAFARI