17 janvier 2013
Publié par Anne-Elizabeth

Le rap doit tout au dancehall

Qui aurait pu imaginer dans les années 60 qu’une chose aussi « ennuyeuse » que de parler sur des enregistrements ou des rythmes deviendrait l’un des styles musicaux les plus populaires de la fin du XXe et début du XXIe siècle ? Dans la Jamaïque des « eighties », le dancehall (appelé raggamuffin à l’époque) est né de diverses expérimentations musicales et a par la suite contribué à la création du rap (en ce qui concerne le flow, pas le beat) et influencé la culture hip-hop made in USA. L’histoire nous est contée par le Jamaica Gleaner.

 

Rap sur rocksteady, rnb et reggae

 

Dans les années 60, le « Djing » ou « flow parlé » commence à être popularisé lors des sound system à Kingston par un certain King Stitt alias « Ugly».  Il toaste en lançant des slogans sur des disques de rythmn & blues en provenance des États-Unis. Par la suite, c’est sur du rocksteady puis sur du reggae qu’il s’exerce. Une décennie plus tard, Kingston regorge de quartiers où les sound system s’adonnent à des compétitions entre eux comme Downbeat Sound System de Kingstitt ou encore Duke Reid où exercera un certain U-Roy. Ca devient une mode. L’introduction des interventions de deejay, pendant que le disque tourne, est alors exploitée dans les soirées jamaïcaines afin de réveiller la foule.


Kingstitt – I and i

 

Premiers hits dancehall, premiers hits rap

 

L’arrivée de Beckford Ewart alias U-Roy, au début des années 70, est un élément déterminant. Son style et son approche musicale sont totalement différents de ceux de ses prédécesseurs. Il n’est pas le premier deejay, mais il est le premier à faire de ses productions des hits. D’’autres artistes jamaïcains tels que Yellowman, Big Youth, Barrington Levy et Sugar Minott seront plus tard les précurseurs de la musique dancehall que l’on connaît sous sa forme actuelle. Dans les « nineties », le flambeau est repris par Beenie Man, Buju Banton, Bounty Killer et Shabba Ranks entre autres. Ils y apportent leur touche personnel tantôt avec des lyrics slackness tantôt lover.


U-Roy – Wake the town

 

Jamaïcains de New York



Dans les racines de la culture hip-hop, on retrouve la culture des sound system et des deejays importée par les jamaïcains vivants aux États-Unis. Parmi eux : Kool Herc, un DJ et MC considéré comme le père fondateur de la culture hip-hop et reconnu par les spécialistes comme le premier DJ de l’histoire au début des années 70. C’est dans cette effervescence que le rap naît dans les ghettos US début 80. Pas besoin de rappeler que le succès mondial a été au rendez-vous durant la décennie suivante. Ce sont les années fastes avec des figures emblématiques telles que Jay-Z, Notorious Big, LL Cool J, Busta Rythmes, Tupac Shakur, Run DMC, Snoop Dog, Wu-tang Clan


En 2003, Busta Rhymes, star du rap américain, né de parents jamaïcains à Brooklyn en 1972 (alors que U-Roy était en pleine gloire), allie ses talents avec Sean Paul sur le remix de Make it clap. Un symbole pour le parcours du « Djing » et « flow parlé » depuis Kingston jusqu’à New York. Pas de doute, les anciens ont bien fait le boulot.


Busta Rhymes feat. Sean Paul, Spliff Star – Make it clap (remix)

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