22 octobre 2012
Publié par Kam

Riddla dans le collimateur d’une intellectuelle guadeloupéenne

Lorsque Tropicalizer a annoncé la sortie du clip de TTD de Riddla, c’était sans penser qu’il susciterait autant de remous. En substance, le chanteur (et animateur de Guadeloupe 1ère, radio sur laquelle le morceau tourne en boucle) s’adresse à une jeune fille mineure et la met en garde contre l’ochanterie (la débauche) et ses conséquences. Pas d’insultes ou d’invectives donc, mais un avertissement et une injonction à se tenir tranquille, TTD étant l’acronyme de Tchen tchou’w dwèt (littéralement tiens ton cul tranquille ). Une petite saynète vient s’insérer dans le clip. On y voit LM StarJee dans une parodie de démonstration mathématique (introduite par le générique de l’émission pédagogique et scientifique C’est pas sorcier !) où variables et inconnues s’appellent siwo et ochan. A la fin de la chanson, un «  Ti sè nou enmé zot  » (nous vous aimons petites sœurs) vient confirmer un message de prévention, presque d’éducation.

 

La stigmatisation vise les jeunes femmes mais jamais les hommes…

 

Alors, rien à redire à ce message approuvé par Misyé Sadik et Admiral T qui font des apparitions dans le clip ? Ce n’est pas l’avis de l’intellectuelle guadeloupéenne Patricia Braflan-Trobo. Dans une récente tribune publiée en ligne sur le site Carib Creole News, elle dénonce la stigmatisation qui vise uniquement les jeunes femmes et jamais les hommes. Après s’être étonnée avec raison que pratiquement personne n’ait condamné l’utilisateur de Facebook (un homme) qui avait mis des photos de femmes dénudées sur sa page, l’intellectuelle s’interroge ensuite sur la chanson fortement médiatisée TTD. La charge est plutôt rude. Et si elle se focalise sur l’exemplarité hypothétique d’un supposé professeur, propos plutôt hors-sujet, elle montre bien comment le clip de TTD se situe dans un contexte de « sexisme plus que jamais présent. » Elle en déduit alors: « nous comprenons au final ‘aux garçons, aux hommes tout est permis, les filles, les femmes doivent se tenir ! Masculisme et machisme alliés.’  »

 

L’enfer étant pavé de bonnes intentions, on peut effectivement se demander si des initiatives telles que TTD servent la cause qu’elles entendent défendre et s’il ne faut pas également sensibiliser l’autre moitié de la jeunesse. Inutile de jeter l’opprobre sur Riddla et StarJee (et pourquoi sur eux seuls alors que beaucoup de jeunes écoutent bien pire), mais il n’est pas interdit d’utiliser son cerveau et de lire attentivement l’avis de Mme Braflan-Trobo, par ailleurs elle-même professeur-chercheur.

 

Le Guadeloupéen : esclave étalon reproducteur ad vitam aeternam ?

 

Mme Braflan-Trobo déclare : «  Tant que certaines prises de position continueront à aller dans le sens de l’hyper responsabilisation et culpabilisation des filles, des femmes, des mères, comme pilier moral de la société, ces prises de position continueront à décrédibiliser, discréditer les hommes et a poursuivre cette castration qui a débuté avec l’esclavage. Période ou l’homme a été établi comme géniteur, esclave étalon reproducteur et où l’enfant suivait obligatoirement le statut de la mère.

 

Les garçons, puis les hommes guadeloupéens seraient donc voués à être étalons puis des « nonm sèlman » (seulement des hommes) ? De part notre histoire qui a établie la défaillance de l’homme guadeloupéen il me semble capital et urgent qu’il y prenne toute sa place. Il me semble capital que la tenue morale de cette société guadeloupéenne, les exigences morales la concernant soient égalitairement réparties entre les hommes et les femmes qui la composent. Et ce que ce soit à travers les chansons, les débats, la répartition des activités familiales, le poids de la responsabilité morale.  »

 

Lire la tribune de Patricia Braflan-Trobo en intégralité

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Ajoute un commentaire
  • Teddy
    23 octobre 7:04

    Vous avez tous raison à mes yeux. RIDDLA et Mme BAFLAN

  • malika
    23 octobre 19:28

    En ce qui concerne la chanson il faudrait tout simplement la remettre dans son contexte. Je suis en outre d’accord concernant la dévalorisation de la femme qui est toujours seule fautive mais ceci n’est pas le propos de la chanson. Cette chanson me parait être la réponse à celle de notre ami colonel reyel…

  • Bethan'e Vybz
    23 octobre 21:43

    Quand Ridlla,Easy Kennenga, Missié Sadik, et Daly chantait « take it easy » ils s’adressaient aux hommes, il ya un tas d’autres sons qui concernent les hommes ou les deux sexes alors qu’elle se calme un peu la *!@))-^^. Big up à Ridlla, pour son taff,c’est un homme d’expérience qui sait de quoi il parle et qui le fait fort bien.

  • Keri
    23 octobre 22:51

    Je finissais par me demander si j’étais la seule à me poser la question de la responsabilité des hommes en règle générale. A croire que les femmes se font l’amour toutes seules

  • Bethan'e Vybz
    24 octobre 18:30

    elles ne se font pas l’amour seule certe,mias il n’y a plus bcp de jeunes filles ou femmes respectables, ça court après les hommes mariée,ça te met la main au cul,ça te psssiiit dans la rue…

  • Kabooom(JeanLouis)
    24 octobre 23:34

    lol n’importe quoi Bethan’e Vybz je ne sais pas dans quel monde, ni dans quelle Guadeloupe tu vies, mais je ne vois pas encore les femmes (oui je parle de vraie femmes pas de gamines de 16 ans) faire ce genre de gestes.

    Les artistes font des sons pour dire aux mecs d’arreter de jouer les gangsta etc. Donc dans le cas il arrive qu’on fasse des reproches aux dérives des hommes comme des femmes. Mais bon on remarque (ou on chouine) plus facilement lorsqu’il s’agit des méfaits des femmes.

    En tout cas, aujourd’hui, société guadeloupéenne ou non c’est facile de crier au scandale sexiste, anti-femmes etc. C’est le revers de la médaille de notre société hyper féminisée.

  • sly
    26 octobre 1:56

    PUF n’importe quoi cette intellectuelle, elle préfère que riddla chante back it up, femme lève ton cul et va te coller comme un mabouya sur les parties génitales des mecs que tu connais à peine, c’est simplement du féminisme à 0,20cts d’euros. Elle ne cherche même pas à comprendre le contexte dans lequel cette chanson à été écrite, qui semble être une réponse à la chanson « aurélie » d’un autre artiste guadeloupéen.
    Mais au faites vous êtes sur que c une universitaire parce-que franchement là c pathétique.

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