22 octobre 2012
Publié par John

Musique & radio: le marketing mène la danse !

« Tiens, j’ai eu un coup de cœur pour cet artiste, je passerais bien son nouveau titre à l’antenne ce matin ! ». C’est le type de phrases que les programmateurs radio ne prononcent plus selon l’enquête intitulée La musique à la radio/Bonjour business du magazine Télérama parue mi-octobre. Pas de place pour l’émotion dans les stations commerciales de l’hexagone. Seuls comptent l’excédent brut d’exploitation et donc les parts d’audience. Le géant Youtube, les services tels que Deezer et Spotify ont mis la main dans leur gamelle, alors les radios sont aux abois… Renouveler ses process pour défendre son activité, OK. Tomber dans le tout marketing : l’éthique laisse à désirer… Tropicalizer a choisi de présenter quelques  extraits de l’enquête  de Télérama.

 

Lire l’intégralité de l’enquête La musique à la radio/Bonjour business sur le site de Télérama

 

Les sondages de popularité

 

On s’est fait répéter quatre ou cinq fois en quoi ça consistait, tellement cela nous paraissait surréaliste ; et, pour chasser les derniers doutes, on a obtenu plusieurs de ces tests, classés confidentiels. C’est donc vrai : les radios musicales organisent très régulièrement (souvent toutes les semaines) des sondages sur la popularité des chansons qu’elles diffusent, en faisant écouter aux personnes interrogées… sept à dix secondes de chaque titre ! Xavier Jolly, l’actuel directeur artistique d’Europe 1, explique : « C’est comme quand Danone ou Coca-Cola lancent un nouveau produit : ils testent tout de suite les réactions des consommateurs. » […]  Les titres les moins bien classés seront susceptibles de quitter la playlist la semaine suivante ; les mieux notés auront toutes les chances d’être sur diffusés, ce qui renforcera encore leur cote dans le prochain sondage… »

 

[…]Mettez-vous en tête que nous sommes des médias commerciaux, qui reposent sur l’audience, reprend Jérôme Fouqueray (il dirige Fun Radio et RTL2). Alors oui, il m’arrive de sortir un titre parce qu’il « teste » mal. Nous n’allons pas diffuser des chansons que nos auditeurs n’aiment pas en espérant qu’ils changent d’avis, pendant que nos concurrents s’alignent sur les attentes du public ! » Argument difficile à contrer. D’ailleurs, tous les acteurs du secteur semblent l’avoir intégré.

 

Rien d’artistique là-dedans


[…] Certains vont plus loin : nous avons eu entre les mains un sondage émanant d’une maison de disques (donc financé par elle) et attestant que ses artistes collaient à la cible d’une grande station. Une étude de marché, en somme, comme argument ultime pour obtenir des diffusions. Rien d’artistique là-dedans.

 

[…] « C’est du donnant-donnant, nous explique un professionnel. Si une station veut être partenaire de Johnny ou de Madonna, elle devra en échange entrer dans sa playlist un jeune artiste du même label. Et si le label conclut un partenariat ailleurs, la radio se vengera en boycottant ses autres chanteurs. »

 

[…] Il existe une autre forme de partenariat qui fait grincer des dents, les coexploitations. Le principe (qui ne date pas d’hier, mais est en plein renouveau) est partout le même : une radio décide de soutenir un chanteur à travers sa playlist et des pubs qu’elle lui vend à prix réduits ; en contrepartie, elle se rétribue en touchant un pourcentage sur les ventes de disques, avec souvent un minimum garanti. En somme, plus une radio passe un titre, plus elle l’aide à se vendre, et plus elle a de chances de toucher de l’argent ! […] Il y a quelques années, dans un milieu du rap où règne l’omerta, le groupe La Rumeur avait fait sensation en critiquant les pratiques de Skyrock, qu’il accusait quasiment de racket. Dans le collimateur, Laurent Bouneau a toujours démenti : « Pour être honnête, j’ai dû le faire deux ou trois fois en vingt-cinq ans ».

 

Lire l’intégralité de l’enquête La musique à la radio/Bonjour business sur le site de Télérama

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