14 septembre 2012
Publié par Didie Ebk

G-Skalp: « Dès que je pose ma voix sur un son, c’est du hip-hop ! »

Nom de scène : G-Skalp. Lettre préférée : le G ! Avec lui c’est « G-day », « G-Remix », « Trilo-G »… Tiens, parlons justement de sa mixtape G-Remix sortie le mois dernier. Cet opus, remixé par DJ Weedim est résolument US et flirte avec tous les genres musicaux (rock, Rnb, électro…). Tropicalizer est allé à la rencontre du rappeur G-Skalp, artiste G-vré ? G-néreux ? G-nial ? Pour le découvrir, c’est par ici.

 

D’où vient G-Skalp ?

Un jeune guadeloupéen éclectique. Comme beaucoup d’autres, j’ai baigné dans l’univers caribéen avec le zouk de Patrick Saint-Eloi, Kassav mais aussi la musique d’Akiyo. J’écoute la musique de mon pays mais aussi tout ce qui me passe sous la main, la techno, du Jimmy Summerville, peu importe. J’écoute et je vois ce que je peux ressentir. Puis quand j’avais 13 ans, BET est arrivé en Guadeloupe. Ça a été le déclic, j’ai découvert un nouveau monde, des clips qui me ressemblaient. Je me souviens de Luniz et sa chanson  I got five on it qui a changé ma vision de la musique, j’ai su à ce moment que je voulais faire du hip-hop et rien d’autre.

 

Ton influence est très marquée par  hip-hop US, quels sont tes artistes préférés ?

Kassav, Jean-Michel Rotin, Patrick Saint-Eloi sont mes premières influences. Je me suis beaucoup identifié à Lil Wayne. Dans tous mes collectifs j’ai toujours été le plus jeune de la bande tout comme lui. Puis je me suis détourné de sa musique dans les années 2000 car je ne comprenais plus ce qu’il faisait. Mais c’est motivant de voir quelqu’un qui a le même âge, à qui on s’identifie, gravir les échelons. Il y a aussi Snoop Dogg  à ses débuts. Puis vient le reggae, j’ai commencé dans les années 2000 quand le rap est devenu trop « bling bling » et qu’il ne me correspondait plus. Je dirais Sizzla et surtout Vybz Kartel car on sent clairement l’influence rap dans sa façon de s’exprimer.  J’adore aussi le rock des années 80, je me suis d’ailleurs inspiré d’une chanson de Pat Benatar pour faire la chanson Champ de bataille. Les sonorités, les clips de ces années-là, j’adore ! L’histoire de cette chanson est née lorsque je cherchais des instrus sur Youtube et que je suis tombé sur Pete Rock qui avait samplé le son de Pat Benatar, artiste pop rock des 80s, j’ai kiffé donc j’ai cherché l’original pour le comparer et le son Love it’s a battle field était malade. Le son m’a pris aux tripes, je voulais écrire un son dessus alors je me suis demandé comment le public guadeloupéen allait réagir. C’est à ce moment-là que j’ai ressenti un ras-le-bol sur la normalité, que j’ai voulu repousser les choses. Je suis éclectique, pour moi, à partir du moment où je pose ma voix sur un son, c’est du hip-hop. J’ai poussé ce projet et il a plu, il est même apparu sur le projet Dream Team Project de Big Jay.

 
G-Skalp – Got to be a G

 

Deux mots sur le clip Got to be a G ?

C’est un concept de la trilo-G par le réalisateur Jean-Michel Guerrier. On a sélectionné 3 titres très différents les uns des autres en créant une histoire en 3 clips. Le titre devait me présenter pour que les gens ressentent mon univers. Got to be a G  est une introduction, il fallait être offensif, mettre les codes du hip-hop : la femme, la grosse voiture, l’égo-trip ! Le 2e sera plus festif Liyah  kim barone et le 3e dans un style plus électro. Je veux montrer que je sais faire autre chose que le hip-hop, m’affranchir de tout ça. J’arrive progressivement vers ce que je fais tous les jours avec de vrais musiciens, de la musique acoustique, la musique qui me ressemble.

 

 

C’est très ambitieux de reprendre des tubes ultra-planétaires d’Alicia Keys ou Lil Wayne, pourquoi t’es-tu attaqué à des figures fortes du hip-hop et de la soul ?

Le G-Remix, c’est clairement une démarche marketing, faire un peu de pub, si je peux utiliser le nom de Lil Wayne ou d’Alicia Keys pour m’aider, je le fais, mais attention, c’est avant tout un kiff musical. Je suis vraiment décomplexé par rapport à ça, j’ai assez confiance en ma musique et en moi pour y amener autre chose. Cela reste de l’instru, une musique qui m’a plu dès le départ, qui m’a inspiré et sur laquelle je peux exprimer ma vision. C’est vraiment la musicalité qui importe, je kiffe d’abord sur une mélodie. G –Remix est juste une étape qui mérite d’être écoutée. L’histoire du G-Remix, ce sont des morceaux sur lesquels je me suis pas mal investi, ça n’a pas d’utilité de rester dans l’ordinateur, il fallait donc que je les fasse partager. En tant qu’artiste, on fait de la musique pour le public sinon on est des égoïstes.

 

Tu te présentes comme un rappeur conscient, le G-Remix crée un véritable contraste, comment gères-tu ces 2 images ?

Bien, car chacun de mes projets est un concept différent, une facette de ma personnalité.

 

Pourquoi surfer sur autant d’univers ? N’as-tu pas peur de brouiller les pistes ?

Champ de bataille, j’ai adoré ce son, mais la dominante du G-Remix reste quand même« crunkie » (hip-hop venant du sud des Etats-Unis) c’est un son qui me correspond plus. Aux Etats-Unis, ils disent « qui n’avance pas avec son temps, meurs ». Je ne souhaite pas cela pour ma musique, j’évolue donc avec mon temps. Je surfe sur toutes les tendances.

 

Quel message veux-tu faire passer pour la scène hip-hop ?

De la positivité, de l’espoir, ne jamais abandonner ses rêves, être soi-même, s’affranchir  des on-dit, du système social, de la normalité.

 

Pourquoi ne chantes-tu pas plus que ça en créole ?

Je chante un peu plus en français aujourd’hui car je me suis rendu compte qu’il y a 2-3 ans, je ne chantais qu’en créole, je faisais des shows dans des bars métropolitains et on nous l’a fait remarquer. Et puis c’était aussi un défi car c’est particulier d’écrire en français, il me faut me poser, réfléchir aux rimes alors qu’en créole, ça vient d’un trait. Chanter en français m’a aussi permis de m’ouvrir à un nouveau public, de mieux faire passer le message. Le hip-hop il est dans ma voix, l’instrument il est là, qu’importe ce sur quoi je chante, bélè, gwoka, techno, en français, en créole ou en anglais, l’intention reste la même.

 

Si tu devais te présenter en seul mot, quel serait-il ?

L’unité.

 

Quels sont tes projets à venir ?

Je pense faire une réédition du G-remix qui sera lui disponible uniquement sur internet avec des bonus tracks, de nouveaux artistes et des tracks full. Le lancement est prévu pour le 1er trimestre 2013. Je commence à enregistrer le vrai album avec les musiciens, il ressemblera beaucoup plus à ce que je fais en live avec des basses, guitares, choristes. C’est vers cette musique là que je me dirige. Je ne suis pas encore en phase avec cette nouvelle étape, on m’entend plus souvent poser sur des beats, des Face-B. Je vais mettre tout ça de côté pour me poser sur de l’acoustique. En plus, en ce moment, avec cette nouvelle vague caribéenne portée par Erik, Freepon ou E.sy Kennenga, on sait qu’on a une véritable identité. J’ai envie de me placer sur le « rap acoustique ».  A venir, la G-soul avec Da Soul qui m’a composé des morceaux de soul originaux mêlés avec du hip-hop, il y aura un featuring avec Angeliks Sings, Souls et une autre artiste caribéenne talentueuse mais c’est une surprise. Mais aussi, La G-Tape, enregistré il a longtemps avec Freepon notamment. Mon but est de montrer tout ce que le 63 Pwod a fait depuis les 5 dernières années.

 

Où peut-on acheter ton G-Remix ?

De main à main, pendant les évènements du 63 Pwod dans un premier temps ou sur internet sur le site spécial gremix.63pwod.fr

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Ajoute un commentaire
  • fanatik
    14 septembre 16:46

    G top!