24 mai 2012
Publié par John

Le maître ka Guy Konkèt est mort

Le ka est en deuil. Mercredi, Guy Konkèt est décédé à Jabrun (Baie-Mahault) en Guadeloupe des suites d’une longue maladie. Il avait 63 ans. Défenseur de la musique traditionnelle de l’île, Guy Konkèt a été un précurseur du gwo ka moderne avec des titres tels que Natali, La Gwadloup malad, Baimbridge chaud,  Ban klé a Titine… Autant de succès qui trouvent toujours leur place dans un « Léwoz ». Carnot, Vélo, Loyson étaient les « précepteurs spirituels » de Guy Konkèt. L’amour du gwo ka lui avait été transmis par sa mère, Man Soso, elle-même célèbre chanteuse dans les « Léwoz ». L’artiste a su apporter une touche jazzy en y introduisant le saxophone, le piano et la guitare dans ses compositions. Du gwo-ka jazzy donc, mais qu’il comparait aussi à du rap : « Je compose tout… Parce que, finalement, on parle du rap, mais ça fait longtemps que ce que je fais, c’est du rap, c’est de la musique internationale », confiait-il au journal France-Antilles il y a quelques années.


« Mélancolie retenue et la tristesse prudente »


En 2009, à l’occasion d’un concert de Guy Konkèt au New Morning (Paris), Jimmy Blanche (l’organisateur de l’évènement) partageait sa vision de la musique du maître ka disparu en ces mots : « Tantôt brusques, saccadés et comme violemment irrités, tantôt souples, insinuants, câlins et caressants, ses textes et ses airs parcourent avec une aisance incomparable toute la gamme des inflexions et des nuances, depuis la mélancolie retenue et la tristesse prudente, jusqu’à la passion grondante et l’affection débordante. Et il se répand immédiatement sur son style attachant et influent, une séduction et une délicatesse voluptueuses et sombres, ardentes ou accablées qui, aussitôt, nous exaltent et nous élèvent. Et, tout ensemble, anges et public regroupés, nous nous retrouvons pour nous reconnaître à travers cette musique dans laquelle sont utilisées des voix accompagnées. Et c’est alors que les anges, eux, se mettent à battre des mains, et qu’à nous, public, il se met à nous pousser des ailes. Oui, des ailes. Celles d’un bonheur supérieur. Impérieux. Nécessaire, constant et enchanteur… C’est ça Guy Konkèt ».


Crédit photo : Grippon Box


Guy Konkèt – concert au New Morning N°1


Guy Konkèt – concert au New Morning N°2


Guy Konkèt – concert au New Morning N°3

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