14 octobre 2011
Publié par John

Les hommes ont peur de s’assoir côte à côte dans le bus en Jamaïque ! (PARTIE 2)

Un député a récemment déposé une proposition de loi visant à faire passer de dix ans d’emprisonnement à la perpétuité  la peine applicable en cas d’ « outrage à la pudeur » qui sanctionne généralement les actes homosexuels dans l’espace public […] « Les Jamaïcains attendent du Premier ministre qu’il prenne une position clairement anti-homo, car sinon la plupart pensera qu’il est gay, aussi absurde que cela puisse paraître », explique le réalisateur jamaïcain Deann Fontaine.


Les homosexuels sont fréquemment pris pour cible, on incendie les domiciles de gays présumés la nuit, les lesbiennes sont régulièrement menacées de viol, la police refuse habituellement d’intervenir dans les crimes homophobes et les hommes ne s’assoient pas côte à côte dans les transports publics de crainte de s’effleurer accidentellement et de s’exposer ainsi à une agression.



« Les gens n’ont pas peur des gays, ce sont les gays qui ont peur des gens », explique un anonyme. « J’ai peur de conduire ma voiture avec un homme sur le siège passager. Quand je m’arrête à un feu rouge, il peut se passer quelque chose. J’ai peur de recevoir un homme dans mon appartement. J’ai peur qu’on me traite de gay parce que je parle trop avec les mains. Les gens prennent n’importe quel prétexte pour accuser qu’un d’être gay, dans la rue ou dans le quartier ».



Tout le monde soupçonne tout le monde d’être « homo »


Depuis les années 2000, « on ne parle plus que de ça dans le pays », note Thomas Glave. Mais ce sujet de conversation « a provoqué une angoisse nationale, une angoisse que l’on ne parvient ni à apaiser, ni à dissiper […] C’est pour cela que les gens pensent sincèrement que 70% ou 80 % de la population sont homos. » La responsabilité du dancehall est claire tanche Baz Dreisinger, une universitaire et critique de musique populaire réputée qui a publié quantité de textes sur la musique jamaïcaine. « La grande différence ente la Jamaïque et les autres pays des Caraïbes, c’est que dans ces pays, il y a un culte de la masculinité et des Église puissantes, mais pas de dancehall. » Cela dit, elle tempère : « Quand on n’aime pas le dancehall, quand on n’apprécie pas sa puissance, c’est facile de pointer ce qu’il a de mauvais et d’affligeant. A la fois, tout ce qu’on lui reproche est exact. Je ne pense pas qu’il y ait une explication unique. L’homophobie s’est clairement déclarée depuis cinq ans. C’est pourquoi je pense plutôt pour l’effet boule de neige, alimenté par le battage médiatique. »


Lire la partie N°3 : La police ne reconnaît pas les crimes homophobes en Jamaïque…

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