14 octobre 2011
Publié par John

La police ne reconnaît pas les crimes homophobes en Jamaïque… (PARTIE 3)

J-FLAG, la seule association jamaïcaine de défense des droits des homosexuels, qui a son siège dans un lieu tenu secret, fait état de 61 agression homophobes, qui ont fait au moins 3 morts, au cours des deux dernières années. Mais la grande majorité des agressions n’est pas signalée, et la police jamaïcaine ne reconnaît quasiment jamais le mobile homophobe dans les crimes violents sur lesquels elle enquête.



Ces deux dernières années décennies, la Jamaïque est devenue l’un des pays les plus violents de la planète. La police ne peut pas pénétrer dans des quartiers entiers […]  « Quand chaque jour, 5 personnes se font tuer parce qu’elles sont pauvres, pourquoi devrait-on accorder une attention particulière aux problèmes des homosexuels ? », s’interroge un Jamaïcain…



La posture anti-homo fait vendre en Jamaïque mais pas à l’étranger


En 2007, des militants et promoteurs de concerts étrangers ont exigé des musiciens qu’ils signent en public et à la Jamaïque un document appelé le Reggae Compassionate Act, un accord par lequel les artistes s’engagent à renoncer à chanter des textes homophobes. Pour l’heure, peu de chanteurs ont reconnu publiquement avoir signé ce document. Vybz Kartel, la mégastar du dancehall, l’aurait à l’automne dernier […] Le journaliste Ilan Greenberg  a rencontré Elephant Man dans son studio. Celui-ci souligne que les textes homophobes appartiennent au passé.


La musique, en Jamaïque joue un rôle culturel bien plus important que dans la plupart des pays de la planète. C’est un produit d’exportation qui pèse lourd dans l’économie nationale du pays, qui génère environ 1,6 milliard de dollars de recettes annuelles et emploie plus de 10% de la population.


Et la rédaction de Tropicalizer dans tout ça ? Depuis le début de l’aventure, la ligne éditoriale est claire : la promotion de la culture musicale caribéenne mais aussi le respect de certaines valeurs. Par conséquent, les propos et les chansons homophobes sont bannis ici. Toutefois, pas la peine de se raconter d’histoires… La rédaction n’a pas encore décroché son Master II en patois jamaïcain et certains titres ont peut-être passé le filtre. Pour reprendre Baz Dreisinger, une universitaire et critique de musique (qui intervient dans la partie 2) : « Quand on n’aime pas le dancehall, quand on n’apprécie pas sa puissance, c’est facile de pointer ce qu’il a de mauvais et d’affligeant. » C’est pour cette raison que Tropicalizer s’évertue à valoriser ce que le dancehall a de meilleur. La musique peut changer le monde dans les deux sens, non ?


Lire la partie N°1 : la Jamaïque malade de son homophobie : « Kill all battyman »
Lire la partie N°2 : les hommes ont peur de s’assoir côte à cote dans le bus en Jamaïque



Lire l’intégralité de l’enquête « Kill all battyman » du hors-série « Révolution sonores » du Courrier International


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Obama, le premier président hip-hop
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