20 juin 2011
Publié par John

Le Grand méchant zouk dévore le Zénith de Paris

« Ça c’est le zouk ! », comme dirait l’un des maîtres du genre… Les vendredi 17 et samedi 18 juin, le Grand méchant zouk a embrasé le Zénith de Paris (XIXe). Les fans ont été nombreux à battre le pavé du parc de la Villette pour chantonner des titres gravés dans le marbre de la musique antillaise. L’évènement fêtait ses 20 ans, l’âge de l’insouciance ? Oui ! A en croire la folie musicale, l’énergie et la joie affichées par ces artistes réunis pour deux jours avec leurs tubes de toujours. Le tout sur les accords de la guitare bienveillante du « Godfather du zouk », Jacob Desvarieux, comme l’a surnommé Thierry Cham.

Un petit Cocktail Lavax pour commencer ?


« Zouk nostalgie », « zouk rétro », « zouk eighties-nineties »… Chacun choisira son appellation. Dans tous les cas, le zouk était à l’honneur. Le bal s’ouvre sur le coup de basse fracassant de Frédéric Caracas avec Cocktail Lavax (1987). Le titre ne vous dit rien ? Mais oui, c’est le morceau qui fait : « Sa kay ? Han han, Sa kay ? Oui sa kay ! ». Dans la foulée, c’est l’ambianceur public N°1 Jean-Philippe Marthély qui embraye avec Sé dam’ bonjou (1989). Le ton est donné pour plus de 3 heures de show non-stop !

« Si ou ni mal pié, woté soulié » (Si tu as mal aux pieds, retire tes chaussures) : Jocelyne Béroard nous avait prévenus dès 1986 et cela se vérifie encore. Interprétant un somptueux medley (Soley, Siwo, Kaye maman…), la reine du zouk a dansé et gambadé sur scène comme jamais. Quelle énergie ! Quelle dextérité ! Quelle jeunesse ! De quoi inspirer Marie-José Alie pour le titre ultra sensuel Caressé mwen (1989) et Sonia Dersion avec Natirel (1997) et Cœur soleil (2004).


Zouk Machine et Volt-Face sur courant continu


Jacob Desvarieux a avoué qu’il aurait voulu être à l’origine de quelques-uns de leurs tubes. C’est qu’elles ont un sacré répertoire ces Zouk Machine ! Emmenée par une Christiane Obidol inspirée, la machine a repris du service avec deux nouvelles recrues. Sové lanmou (1987), Lanmou soley, Maldon (1988) et tellement d’autres. Jolies robes, chorégraphie soignée et beaucoup de souvenirs en prime.

Les années passent, mais Kathrine Thélamon (la zoukeuse rock), Jeff Joseph (le survolté) et Georges Décimus (le bassiste iconoclaste) sont toujours branchés en courant continu. Volt-Face a électrisé la foule avec Zouké Light (1993) et If i say yes (1996) : « Chérie j’ai envie de toi, chérie venez dans mes bras, viens me faire danser, faites-moi rigoler ». On a frôlé la surcharge électrique voire le « pétage » de plomb dans le public. Pas le temps de reprendre son souffle. Dédé Saint-Prix, l’inoxydable, débarque avec sa flute et sa percussion. Nous voilà en selle pour un rodéo musical de chouval bwa ! Encore une fois : « Si ou ni mal pié, woté soulié ». C’est « Tatie Jo » qui le dit.

Les crooners à l’honneur

Au programme : pas que du zouk « chiré ». Les crooners, avec quelques cheveux blancs en plus, n’ont rien perdu de leur superbe : Eric Virgal interprète son tube Pa fè mwen la pèn (1988) en compagnie de la jolie Dominique Lorté. Un Eric peut en cacher un autre avec Eric Brouta « le magnifique ». Arborant ses lunettes noires et sa veste à sequins, il a décroché son Téléphone (1988) pour chanter son amertume. Pas de goût amer, mais plutôt quelque chose de sucré-salé pour Luc Léandry : I salé, i sikré (1993). Il a ponctué sa prestation d’un vibrant « Toujours sexe ! » (Ça faisait longtemps).

Thierry Cham, lui, a réalisé un rêve de gosse en partageant la scène avec Jacob Desvarieux. Ca donne Coup de foudre (1992) – Viv en lanmou douss’, chérie je te touche [aie aie aie !] – et Océan (2000). Harry Diboula a aussi participé à la fête avec Mise au point (1991) et Tu me manques (1993). Sans oublier Guilou et sa Fille du soleil (1988).

Un crooner manquait cependant à l’appel… Jean-Philippe Marthély annonce l’hommage à un frère. Le titre Chabon (1992) est repris en chœur par les artistes, une petite pensée pour Patrick Saint-Eloi. Le Grand méchant zouk peut maintenant se clôturer sur l’emblématique Zouk la sé sel médikaman nou ni (1984). On saluera au passage la prestation des musiciens de talent (Didier Davidas et sa surprenante peluche « Will », Patrick Saint-Elie, Patrick Boston et tous les autres).

D’autres légendes auraient pu être invitées. Tout le monde à des noms plein la tête, mais il fallait bien faire des choix. Un regret tout de même avec l’absence des artistes de la nouvelle génération. Celle dite zouk rnb. Elle aurait certainement eu beaucoup à apprendre au contact des ses aînés. Elle pourrait, elle aussi, réclamer un jour (si tant est qu’elle le désire !) le fameux secret de fabrication… « Mwen pa té konnet sécré lasa, ban mwen plan la pou mwen pé sa konprann » (Je ne connaissais pas ce secret, donnez-moi la solution pour que je comprenne). Ça, c’est « tonton Jacob » qui l’avait dit.

Crédits photos : Leila Albert pour Tropicalizer

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