26 octobre 2010
Publié par Yann

Gregory Isaacs: un rude boy au cœur de lover

L’hécatombe continue. Après Sugar Minott, c’est Gregory Isaacs, l’un des plus grands artiste du reggae, qui a définitivement quitté la scène. Tropicalizer lui rend hommage. L’artiste est né le 15 juillet en 1950 à Fletchers Lands, un quartier de Kingston en Jamaïque. Il sort son premier morceau en 1968 : Another heartache. En 1973, il décide, en compagnie de Errol Dunkley, de monter son propre label African Museum. Durant cette période, paraissent Border, Number one et Love is overdue, trois de ses plus gros tubes. C’est la signature d’un contrat chez Virgin et son label Frontline qui l’aide à diffuser sa musique à l’international avec la sortie des albums Soon forward et Cool ruler.

L’un des rois du reggae lover

Dans les années 80, Gregory change de label et décide de travailler pour Islands Records qui vient de perdre Bob Marley. Il sort ainsi ses opus Night nurse (1982) dont la chanson éponyme aux paroles ambiguës marque incontestablement l’histoire du reggae (le riddim sera par la suite « re-cuter » à maintes reprises. Par exemple : le Doctor darling riddim du groupe allemand Seeed paru en 2004) et Out deh en 1983. Mais cette montée dans l’industrie musicale du « Cool ruler » est ralentie par plusieurs arrestations et des passages par la case prison. Si Gregory Isaacs est un des rois du reggae lover, il reste avant tout un rude boy.


Après son départ de Islands Records en 1984, Gregory migre chez le label Tad’s tenu par son ami Tad A. Dawkins. Suivent alors deux albums Easy (1985) et All I have is love, love, love (1986). Il entame ensuite une collaboration avec Augustus « Gussie » Clarke, l’un des maîtres du reggae digital qui relance sa carrière en légère perte de vitesse. De cette union naît de nombreux opus : l’excellent Private beach party (1985), le terrible Red rose for Gregory (1988) et son tube Rumours aux basses écrasantes, mais aussi I.O.U (1989) et Absent (1993). Aux côtés de Gussie, il enregistre également deux albums en compagnie du prince du reggae Dennis Brown : Judge not et No contest. Durant cette décennie, le « Cool ruler » travaille aussi pour d’autres grands noms : King Jammys, Bobby Digital, Sly & Robbie, King Tubby

Le poids des excès…

Les années 90 sont plus anecdotiques (musicalement parlant) pour Gregory Isaacs. Le reggae peine à se trouver un nouveau souffle et sa voix commence à se fatiguer suite aux nombreux excès (de drogue notamment). Le Jamaïcain est toujours actif mais ses chansons peinent à égaler ses compositions passées. Durant les années 2000, il enchaîne quelques opus sur des grands labels  comme Jet Star ( Here by appointment), Greensleeves (Masterclass) ou encore Heartbeat (I Found love). En 2005, il enregistre un album à la mémoire son ami Dennis Brown intitulé Gregory Isaacs sings Dennis Brown. Suivra ensuite Brand new me, son dernier album sorti en 2008 et paru sur son label de toujours African Museum.


Ces dernières semaines, l’état de santé de l’artiste était préoccupant et sa tournée anglaise en cours avait été annulée. De nombreuses rumeurs circulant sur le net annonçaient sa mort, des bruits aussitôt démentis par ses proches qui assuraient qu’il se portait mieux. Le destin en a, hélas, décidé autrement. Avec le décès de Gregory Isaacs, le reggae vient de perdre un pilier de son histoire. Ses chansons, alternant reggae lover et lyrics conscients, resteront sans aucun doute dans la légende. Repose en paix Gregory Isaacs. Et comme le dit si bien ta chanson : It’s sad to know you’re leaving

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  • nzo
    28 octobre 9:45

    je n arrive pas a m en remetre qui va soignier mon ame maitenant god bless you merci pour tout jah love