Thierry Cham: « Il faut savoir prendre des risques »
Il en a traversé des Océans depuis son Coup de foudre avec le public en 1994. Thierry Cham se renouvelle avec un style afro-pop pour la nouvelle décennie sans renier le zouk. Son nouveau single Écoute-moi, son futur album, ses ambitions, sa vision de la musique : le chanteur guadeloupéen s’est confié à Tropicalizer avant une séance de dédicaces.
Tu vas bientôt rencontrer tes fans, est-ce un exercice que tu apprécies ?
C’est vrai que je suis un peu timide, mais c’est un exercice que j’aime bien car il faut rencontrer ceux qui nous soutiennent. Il y a beaucoup de fans qui sont très fidèles. Ils aiment avoir le contact et avoir les informations en exclusivité. Leur avis est également très précieux pour la suite.
Joli collier, jolie bague et jolie écharpe. Tu fais très attention à ton style…
Je suis en adéquation avec ce que je veux représenter. J’aime bien la mode, je regarde un peu ce qui fait.
Tu ne portes pas de New Balance ? (ndlr : Thierry Cham et New Balance ont fait gagner 5 paires sur Tropicalizer)
En fait, je chausse du 48 et ma pointure n’existe pas dans cette gamme. Je n’allais pas venir pieds nus [rires].
Qu’est-ce qui a motivé l’écriture du single Écoute-moi ?
C’est une chanson qui m’a été proposée en 2006, alors que je préparais un album rnb avec Polydor (Ma couleur). Je ne l’ai pas prise car il était déjà terminé. Sur l’opus que j’ai sorti en 2008 avec Section Zouk (Là d’où je viens), le titre n’avait sa place non plus. J’ai donc décidé de le mettre sur mon prochain album qui aura des influences zouk, pop et funk. Ecoute-moi donne la couleur de l’album, j’appelle cela de l’afro-pop.
Quelles seront les surprises de ton nouvel opus ?
Il y aura des duos car je n’en ai pas beaucoup fait dans ma carrière. Je cherche encore les bonnes personnes. Comme je l’ai dit, il y aura de l’afro-pop pour toutes les chansons qui seront « up-tempo » et on retrouvera aussi du zouk love et des ballades.
Tes albums » zouk » sortent chez Section zouk, tes albums » rnb/pop » chez des majors. Est-ce difficile de jongler entre les deux ?
Il faut travailler avec des maisons disques qui sont capables de faire une mise en avant et une distribution en adéquation avec ma musique. Ce n’est pas contraignant. Jusque-là tout ce passe bien.
N’as-tu pas peur de désorienter ton public en évoluant entre le zouk et la variété internationale ?
Je n’ai pas peur. Il faut savoir se diversifier et prendre des risques car si l’on fait la même chose, le public va se lasser. Justement, c’est le reproche que je fais à nos artistes qui ont peur de prendre des risques parfois. On a l’impression que notre musique tourne en rond. C’est l’inverse sur la scène internationale : Usher, Justin Timberlake, Alicia Keys, Wyclef Jean… n’ont pas peur de métisser leur musique. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais les vrais fans suivent. L’essentiel est de rester soi-même. Les artistes qui veulent porter haut les couleurs des Antilles doivent être soutenus par la communauté. Il y a encore des efforts à faire de ce côté-là malheureusement…
La variété est-elle un aboutissement pour tous les chanteurs de zouk qui percent au niveau national ?
Non, pas du tout. Si je vais dans un pays étranger, je vais utiliser quelques mots de la langue nationale pour me faire comprendre. C’est pareil pour la musique : il faut mettre des codes pour se faire comprendre, tout en restant soi-même. J’ai grandi avec le zouk, la pop et le funk. Tout cela est en moi, voilà pourquoi on retrouve ses influences dans ma musique.
Quel œil as-tu sur la nouvelle génération d’artistes zouk ?
A l’époque, des artistes comme Jean-Michel Rotin ou le regretté Gilles Floro ont apporté leur contribution au zouk initié par Kassav. Sans prétention, je me classe parmi les artistes qui essayent d’avoir une originalité. Aujourd’hui, j’ai l’impression que tout le monde s’est engouffré dans quelque chose d’uniformisé. Les garçons et les filles chantent tous de la même façon. Seule Fanny J sort du lot. Elle a amené quelque chose d’intéressant avec son interprétation.
Tu imitais Michael Jackson devant le miroir lorsque tu étais enfant, comment as-tu appris sa disparition ?
Je devais recevoir les trois places en première loge que j’avais achetées pour l’un de ses concerts à Londres. Quand j’ai appris la nouvelle, c’est comme si j’avais perdu un membre de ma famille. J’ai vu Michael Jackson une fois sur scène au Parc des Princes en juillet 1997 (tournée History) et c’était démentiel ! Je me disais qu’il fallait que je le rencontre un jour… Il a toujours fait partie de ma vie. Le matin, sous la douche, ce sont ses chansons (Beat it, Human nature, She’s out of my life…) que je fredonne et pas les miennes. C’est l’artiste qui m’a vraiment inspiré. Ensuite, il y eu Kassav et Patrick Saint-Eloi, le chanteur à voix du groupe.
Tu es très actif sur Facebook…
Oui, je suis souvent connecté à internet. Je vis avec mon époque. Je suis sur Facebook (Profil et Page fans)
et je communique avec les fans.
Quel est ton programme pour cet été ?
J’ai du travail en studio, quelques actions promo, un showcase aux Antilles et une émission télé où je vais présenter la Guadeloupe aussi…
Thierry Cham – Black or White (acoustique)