18 décembre 2009
Publié par John

Daggering: petit prince ou affreux Skerrit Bwoy ?

« Petit, Noir et moche… » C’est ainsi qu’il se définit. Skerrit Bwoy est un ovni de la scène dancehall. Le selector (DJ) et danseur originaire d’Antigua fait son business avec le… daggering. Oui, c’est bien de cette danse, mêlant positions érotiques et prises de catch, dont il est question.


La polémique, Skerrit Bwoy ne cesse de l’entretenir: frottements et cabrioles en tout genre auprès de la gent féminine sur les dancefloors. Le petit prince du daggering est aussi la vedette du clip de Pon de floor de Major Lazer (feat. Vybz Kartel et Afro Jack). Attention, les vidéos de Skerrit Bwoy sont déconseillées aux moins de 12 ans.



Original et talentueux pour certains, surtout imprévisible dans l’ensemble, Skerrit Bwoy s’est fait porte-drapeau du daggering. Cheveux jaunes à l’iroquoise et style vestimentaire « fashion victim », le dancehall-punk est littéralement en transe durant ses shows. Son caractère déjanté font de lui un showman très recherché aux États-Unis, mais pas seulement. Il a déjà fait le fou un peu partout: Antigua, Barbade, St. Kitts, Jamaïca, Anguilla, Montserrat, Allemagne, Canada, Paris, Suède, Londres, Japon… Et bientôt l’Australie.

Skerrit Bwoy s’est fait connaître à partir de 1999 dans les sound systems Likkle bwoy dem puis Ghetto life. Avec ce dernier, il remporte en 2005 le prix du meilleur sound system du Bronx (New-York), quartier qui l’a vu grandir. Deux ans après, un documentaire intitulé Temporary sanity lui est consacré.



Skerrit Bwoy misogyne ?


Il y a un hic. Skerrit Bwoy ne fait pas que danser. Il pousse le daggering à la limite. Dans une vidéo, il va jusqu’à jeter une table sur une femme. Certes, il n’a peut-être pas l’intention de lui faire du mal, mais ce genre d’attitude peut mener à des dérives…


« Skerrit Bwoy aime-t-il les femmes ? » C’est la question que se pose une blogueuse du site islandista dédié à la femme caribéenne anglophone. Elle reporte des propos que le danseur a tenu en 2004: « Les femmes doivent être frappées lorsqu’elles dansent ! Je les aime et elles m’aiment, j’exprime mon amour physiquement. » Depuis il porte aussi le surnom de ” Mr. Domestic violence ”. Soit on le prend au second degré, soit ça devient glauque…


Pour se défendre de toute misogynie, Skerrit Bwoy déclare aussi: « Quand je danse, je veux que les gens oublient leurs soucis. Je veux les faire rire, chanter, danser et perdre le contrôle (…) Je suis fier lorsqu’ils passent un bon moment avec moi et qu’ensuite ils imitent mes pas de danse. » Cela lui donne-t-il tous les droits sur ses partenaires de danse ? Les femmes qui se prêtent à ce jeu dangereux ne sont-elles pas autant coupables que lui ?


Skerrit Bwoy lance une table sur une femme et passe au zapping de la web TV américaine Tru TV


Skerrit Bwoy au Best buy store (New-York) avec Major Lazer

Skerrit Bwoy dans le clip Pon de floor de Major Lazer

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