10 décembre 2009
Publié par John

Riko Debs: « Je suis fier d’avoir produit Fuckly »

Il a bien grandi. GGDN (Grand Genre De Nègre) a 10 ans. Le premier opus de Fuckly (devenu Missié GG) a bousculé le hip-hop créole en 1999. Son producteur de l’époque, Riko Debs, revient sur cette aventure. Boss, Le clown, Lauricisque Zou… ont tourné en boucle. Basses ronflantes, mélodies minimalistes mais efficaces, flow cyclonique, égotrip, clashes et lyrics trashes: Fuckly séduit ou choque sur GGDN.


L’album GGDN a-t-il marqué un tournant pour le hip-hop en Guadeloupe ?

Le groupe La Horde Noire (Mi la sa ka bay, 1998) avait déjà préparé le terrain au niveau du hip-hop. Ça a crée une attente chez le public et GGDN est arrivé à point nommé. Il a été le premier succès commercial d’un album de rap sur l’île, ce qui a permis à d’autres artistes d’émerger. GGDN a été ma deuxième meilleure vente derrière L’indiscipliné du même Fuckly (2001).


De quel œil vois-tu les dix ans de l’aventure GGDN ?

Je suis fier d’avoir repéré et produit Fuckly. Fier aussi que nous ayons eu un tel impact en Guadeloupe, en Martinique et en métropole. Le public s’est rendu compte qu’il n’y avait pas que du zouk, de la biguine et du ragga aux Antilles. A l’époque, les musiques dites « jeunes » était très cataloguées reggae/ragga.


Un tel engouement pourrait-il se renouveler autour d’un artiste de rap antillais ?

Je ne suis pas pessimiste même si le marché a changé. Les nouveaux supports et internet nous donnent de la visibilité tout en affaiblissement les ventes à cause du téléchargement illégal. Malgré tout, j’y crois encore. Ça demandera un travail de fond au niveau de l’artistique et de la communication. Il faut donner de la qualité aux gens.


Comment ton père (Henri Debs) a-t-il perçu l’avènement du hip-hop créole ?

C’est quelqu’un d’ouvert. Même si ce n’est pas son style musical, il nous donnait des coups de main en studio car le plus important était d’apporter une nouvelle couleur à la musique guadeloupéenne.

« Le business a profondément changé »

Qu’en est-il de Riko Records aujourd’hui ?

C’est difficile. Toute l’industrie musicale a pris une claque. J’ai été contraint de réduire mon activité de producteur au profit de la distribution. Les artistes choisissent le plus souvent de s’autoproduire avant de signer des licences pour la distribution. Le business a profondément changé.


Quels sont tes rapports avec Fuckly ?

On a installé un climat de confiance depuis 10 ans. Il a monté sa structure et produit deux compilations: Kompa Side en 2006 (Tanya Saint-Val, Riddla, Ti Kabzy…) et 17 Pouces en 2008 (Dawa, Kraken, Forsay…) Je me suis occupé de leur distribution. Par contre, on travaille ensemble sur son collector (CD+DVD) qui retracera ses dix ans de carrière et présentera de nouveaux titres au public.


Stanisky, beatmaker principal du 2e et 3e album de Fuckly, sera-t-il de la partie ?

Stanisky a crée sa boite, Suntrack production, et il était occupé sur son projet Suntrack Session (2009) Il ne sera donc pas de cette aventure. Bien sûr, on aurait aimé travailler avec lui car on a connu le succès ensemble. Cela dit, il a été remplacé par quelqu’un qui nous donné entière satisfaction en apportant une nouvelle couleur. Le collector de Fuckly est prévu pour décembre 2009 ou janvier 2010.


Erik, fer de lance de la soul caribéenne, a débuté avec Riko Records. Que penses-tu de son ascension ?

Je suis heureux à chaque fois que je vois Erik à la télé. C’est Stanisky qui l’a repéré. Un jour, il l’a emmené au studio et j’ai écouté ce qu’il faisait. Ensuite, on lui a proposé de poser sur un morceau que l’on enregistrait pour l’album de Riddla: C- Pagna (2002).


Es-tu encore à la recherche de nouveaux talents ?

En ce moment, je discute avec les jeunes artistes qui viennent me voir. Je suis dans une phase d’observation. Je suis là sans être là… Je leur conseille de travailler leurs mélodies, leurs textes, leurs concepts… La relève est là. Je n’aime pas citer de noms car ça peut créer des jalousies… mais bon: il y a le Genesiz crew (Young Chang MC, Saïk, SamX, Méthi’s). Ils se démarquent bien et sont forts chacun dans leur style. Ils n’ont pas encore explosé comme Fuckly à l’époque, mais ce sont des petits qui vont devenir grands.


Fuckly feat. Riddla et Darkman – Boss


Fuckly – Le clown


Fuckly feat. N’O Clan – Sexy ladies

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