4 décembre 2009
Publié par John

Soft – Fred Deshayes: « L’album Konfyans exprime ce qui manque à la Guadeloupe »

Une communion de 2h30 s’achève au New Morning le vendredi 27 novembre. Soft y a présenté son nouvel album Konfyans. Le public pourra se le procurer dès le 5 décembre en métropole et à la mi-décembre aux Antilles. Fred Deshayes, chanteur du groupe, accorde un instant à Tropicalizer. Malgré sa débauche d’énergie sur scène, il reste lucide.


Comment avez-vous trouvé le public parisien ?

Toujours très chaleureux et très jeune. Il y a cette soif d’écouter la musique de Soft.


Soft réussit à réunir plusieurs générations. Quelle est la recette ?

Soft est vrai. Les gens qui sont vrais attirent les autres car ce qui est vrai brille. Le Guadeloupéen se reconnaît dans Soft, même si ce n’est peut-être pas son style musical préféré à la base. Nous pouvons être aussi bons que les autres de Cuba ou de la Jamaïque. Kassav et Malavoi nous ont montré le chemin.


Il y a beaucoup d’interaction entre vous et le public…

Ce n’est pas notre métier d’être sur scène. Alors, c’est comme une cour de récréation lorsque nous y sommes. C’est un grand bonheur.



Quelques mots sur ce nouvel album…

Konfyans est un album où l’on exprime ce qui manque à la Guadeloupe: la  » konfyans  » en soi, la  » konfyans  » en ses leadeurs, la  » konfyans  » en son chemin et en son message. Nous sommes en train de l’acquérir pour se fixer des objectifs et ensuite les réaliser. Musicalement, on va retrouver l’approfondissement de notre inspiration première avec des paroles encore plus travaillées et des musiciens plus inspirés.


Vous parlez de confiance, mais avez-vous confiance en ceux qui détiennent le pouvoir politique en Guadeloupe ?

Nos élus ont-ils confiance en eux-mêmes ? Monterais-tu à l’arrière d’une moto de quelqu’un qui n’a pas confiance en sa propre conduite ? Tout est dit…


Révolution, est un des morceaux du nouvel album. Quel est le message ?

Le titre Révolution vise à dire qu’il est inutile de dramatiser les problèmes. Une mauvaise situation salariale, ce n’est pas l’esclavage. Un retard de paiement du salaire, ce n’est pas l’esclavage. La dramatisation empêche de voir la situation telle qu’elle est. Un problème mal posé n’est jamais résolu.



Quelle était l’atmosphère en Guadeloupe lorsque vous l’avez quitté ?

La Guadeloupe est en repositionnement permanent. Malgré les questions, les gens sont souriants car c’est notre manière d’être. On peut se demander pourquoi les gens ne pleurent pas. Si l’on racontait l’Histoire de la Guadeloupe sèchement, elle serait à pleurer…


Le mot de la fin…

Il y a des choses profondément guadeloupéennes qui s’expriment dans l’univers artistique. Parmi elles, il y a Soft.


Crédits Photos N°2 et 3: Leïla Albert

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