21 septembre 2009
Publié par John

Orlane: « Je voudrais être Intemporelle »

Rendez-vous au New Morning le 16 octobre pour une grande dégustation de Chokola, titre phare de son album Intemporelle. Mais avant, Orlane a répondu aux questions de Tropicalizer en toute simplicité. Confidences d’une diva réunionnaise, martiniquaise, bref: créole.


Tu donnes rendez-vous à tes fans au New Morning le 16 octobre, pourquoi cette salle ?

C’est un endroit qui est vraiment dédié à la musique. Le New Morning est mythique, j’ai des camarades qui y sont passés et ils n’en gardent que de beaux souvenirs.


Le dernier album date de six ans, qu’as-tu fait entre temps ?

J’ai sorti deux chansons dont Te voilà qui m’a valu beaucoup de sollicitations. J’ai fait trois concerts à l’Atrium de Fort-de-France (Martinique), un au Centre des arts de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et un en Guyane. J’ai aussi été animatrice radio sur RCI Martinique. J’ai participé à la comédie musicale Soweto de Serge Bilé. Et surtout: j’ai eu un fils qui a aujourd’hui 4 ans.


Pourquoi avoir appelé cet opus Intemporelle ?

Parce que je voudrais l’être en tant qu’artiste et que je le souhaite aussi à l’album. Lorsque l’on écrit des chansons, c’est pour qu’elles durent et qu’elles nous survivent. Les artistes passent, mais les chansons sont éternelles donc intemporelles.


L’album est riche en couleurs, est-ce la « Orlane touch » ?

J’ai fait tout ce qui me plaisait. Au départ, c’était un double-album avec 24 titres. En raison du budget, nous n’en avons mis que 19. Intemporelle explore tous les univers que je connais et ceux que j’ai voulus aborder. On y retrouve du zouk, du boléro, du reggae et un accent dancehall avec Daly.


On remarque une production très soignée…

J’ai commencé à composer les mélodies depuis déjà deux ans et demi. J’ai contacté les réalisateurs Christian Louiset et Renaud Rinto et nous avons mis un an pour le faire. Environ trente personnes ont travaillé dessus. C’était un rêve de faire un album qui va au bout de mes idées. Je suis très fier de ce que l’on a accompli.


En pleine crise de l’industrie du disque, faire intervenir une telle équipe a un coût…

Intemporelle est autoproduit donc tout est sorti de ma poche. Quand je révélais le budget, on me disait que j’étais « toquée ». Plus personne ne fait d’album de ce prix-là. En général, les grosses productions plafonnent à 10 000 euros. Il a coûté cher car nous sommes restés six mois en studio. Toute l’équipe s’est investie: Christian Louiset, Renaud Rinto, Yvan Carpentier (studio Euréka), Fred Deshayes, Victor O, Kolo Barst, Ronald Tulle et Daly. Cet opus est un espace de rencontres. Mon plaisir c’est de l’écouter et le sentir abouti.


Tu évoques ton père et ton fils dans Mon père, mon toit et Domi bébé: as-tu voulu t’adresser à eux à travers l’album ?

C’est exactement ça. J’avais besoin d’exprimer des choses concernant mon père, qui est décédé quand j’avais 8 ans, mon fils, Yohan, mais aussi Dieu, les gens que j’ai rencontrés, les expériences que j’ai traversées.


Ton île d’origine, La Réunion, te manque-t-elle ?

Bien sûr et ma famille aussi. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 18 ans. J’y ai tous mes souvenirs de jeunesse. Ma mère, mon frère et ma sœur, mes neveux et nièces y vivent. Mais j’assume le fait de vivre en Martinique. Vouloir découvrir autre chose, c’est une seconde nature chez moi.


Iras-tu faire des prestations à La Réunion ?

Ce n’est pas encore prévu, mais je l’espère. Le zouk ne bénéficie pas d’un réseau très fort là-bas. C’est un peu difficile d’être Réunionnaise et de débarquer en faisant du zouk. Un journaliste m’a reproché de ne pas représenter assez la culture réunionnaise… Je ne peux pas vivre en Martinique et faire du séga, par contre on entendra toujours quelque chose de La Réunion sur mes albums. C’est le cœur qui m’y oblige.


L’apprentissage du créole antillais a-t-il été simple ?

Non, quand je suis arrivée en Martinique (A Case-pilote, en 1996) mon principal souci était de m’intégrer. J’écoutais RLDM (Radio Lévé Doubout Matinik) du matin au soir, même si je n’y comprenais rien. Grâce à mon entourage, j’ai appris au fur et à mesure.


T’es-tu adaptée aux traditions culinaires locales ?
Oui, d’ailleurs j’aime cuisiner. Si j’invitais l’équipe de Tropicalizer, le menu serait: salade vertes et tomates cerises en entrée, dombrés ciriques (boules de farine avec des petits crabes rouges) en plat principal et une glace vanille pacane (caramel et nougat) en dessert. [comme quoi Orlane ne vit pas que de chokola et d’eau fraîche…]


Crédits photos: Clyde

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