4 mai 2009
Publié par John

Medhy Custos: « Je pars à la reconquête du zouk »

En pleine préparation du nouvel album de Jimmy Devarieux, Medhy Cutos a accordé du temps à Tropicalizer. L’Olympia, l’album Ouvrir mes ailes, les polémiques… Il s’est livré avec générosité.



Que représente ce concert à l’Olympia le 22 mai ?

C’est une forme de reconnaissance. Ce sera un vrai show. Seront présents: Lord Kossity, Tiwony, Jane Fostin et Kamel Shadi. Se produire à l’Olympia, c’est permettre à notre musique de se faire respecter. N’oublions pas que nous souffrons de cette image de « musique du soleil » où le travail artistique n’est pas pris en compte. Nous avons besoin de crédibilité.


On entend souvent dire que les artistes antillais perdent leur âme en signant en major…

Cette polémique vient d’une méconnaissance du marché français. Lorsque l’on vit aux Antilles, il y a une programmation 80 % zouk. En Métropole, lorsque l’on a un titre qui tourne sur Skyrock ou NRJ, cela tient de l’exception. Nous arrivons dans des programmations formatées dance, électro et variété française. Nous essayons d’ouvrir une brèche, mais cela demande que l’on se plie à certaines contraintes… Lorsque Perle Lama, Fanny J ou moi arrivons sur les playlists nationales, c’est un évènement qu’il faut accompagner et pas dénigrer.


Ces radios vous imposent-elles des featurings ?

C’est ce qui c’est passé avec les remixs de Mes Divas avec AP (du 113) et Elles demandent avec Admiral T. Ce sont les conditions sine qua non pour être diffusé sur les ondes nationales:  » si tu veux entrer dans ma playlist, il faut que ce soit avec un artiste que je diffuse déjà « . Idem pour Fanny J et Mokobé pour Ancrée à ton port. Ce sont des sacrifices à faire pour être entendu. Ils serviront à ceux qui viennent derrière. En même temps, ces collaborations sont représentatives de notre public qui a grandi avec les styles zouk, rap et dancehall.

Comment définir l’album Ouvrir mes ailes ?

Il montre un panel d’influences variées: rnb, reggae, musique traditionnelle… Toutes ces influences font partie de la construction de mon style musical. L’album Ouvrir mes ailes me définit: un style festif avec Mes divas, traditionnel pour Vini on gran nonm et dancehall avec Pompiers en featuring avec Lord Kossity.


Cet éclectisme ne se fait-il pas au détriment du zouk ?

Non. Le zouk avait une variété de propositions qui s’est restreinte au zouk love au fil des années. J’ai connu cette musique avec des styles divers (Kassav, Expérience 7, Gilles Floro…) avec des rythmes africains, reggae, calypso et traditionnels. Je pars à la reconquête de cette diversité du zouk. Cela passe par de la créativité, des prestations en live et le développement de nouveaux marchés: Angola, Portugal, Hollande, Australie… où l’on demande me réclame via Internet.


Les artistes sont les premiers coupables de cette mainmise du zouk love…

C’est vrai. Je me suis présenté par la porte du zouk love. Après dix ans d’existence discographique, j’ai envie de redonner au zouk ses lettres de noblesse. Nous sommes capable de montrer autre chose.


Vous créez l’hystérie chez certaines femmes… Comment gère-t-on ce succès ?

J’imagine que ça doit faire plaisir à certains et énerver d’autres. Je ne suis pas responsable des cris des femmes [rires]. J’ai un public qui me porte depuis une dizaine d’années. Cela me donne envie de donner le maximum sur scène.


Avant cette carrière de chanteur, ce succès était-il le même ?

Je n’ai jamais eu de soucis avec les femmes outre ma timidité. Il n’y a pas eu beaucoup de changement, ce sont les manifestations qui sont plus nombreuses.


Comment avez-vous laissé la Guadeloupe ?

J’ai senti une prise de conscience de la part des Antillais. Nous nous sommes souvent laissés mener par la main, mais là nous arrivons à maturité. Le peuple sait qui il est et ce qu’il veut mettre en avant. Je suis pour le LKP, l’identité et la volonté de ne pas se laisser faire.


Lorsque vous regardez votre parcours depuis Kwebee, cela vous inspire quoi ?

Je n’aurais jamais imaginé tout cela. C’est une chance que beaucoup aimeraient avoir. D’autres l’auront. Je me dis que j’ai eu raison de croire en moi lorsqu’il y a eu des moments de doutes et des épreuves. Quelque part, l’Olympia est une sorte de récompense de tout ce parcours.


Il y a eu des épisodes houleux avec votre ancien entourage artistique, la page est-elle tournée ?

Ça a donné lieu à des procédures que j’ai gagnées. La réussite des uns ne fait pas le bonheur de tous. J’ai eu droit à ma part de jalousie et de critiques. Je poursuis ma route. J’ai ma sérénité et mon honnêteté pour pouvoir aller de l’avant. Des fois ce sont les étrangers qui vous mettent des bâtons dans les roues, des fois ce sont des gens de chez vous…


Medhy Custos en tournée
- 16 mai: Cameroun
- 22 mai: l’Olympia (Paris)
- 12 juin: Côte d’Ivoire
- Fin de l’année: Guadeloupe, Saint-Martin, Martinique, La Réunion et l’île Maurice

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