2 avril 2009
Publié par John

Tanya Saint-Val: « Le zouk doit redevenir une affirmation identitaire »

Après 24 ans de carrière, éclat et aura restent intacts. Tanya Saint-Val nous présente son nouveau bébé: Soleil. Il est aussi radieux qu’elle. Il baigne dans l’amour et la conscientisation. L’Olympia se profile le 11 avril. La reine du zouk, sereine, s’est livrée à Tropicalizer.


Le dernier album solo date de six ans. Qu’avez-vous fait entre-temps ?

J’en ai profité pour donner la vie à deux petits garçons et je suis retournée vivre en Guadeloupe. Globalement, je me suis épanouie de manière différente. Cela dit, ce n’était pas vraiment un break puisque j’ai fait plusieurs prestations et aussi travaillé sur divers projets.


Quel est l’adjectif qui définit le mieux l’album Soleil ?

Eclectique. J’ai essayé de toucher à des sujets sensibles: les titres Nasyon kréyol ou Poté manèv’ incitent la population à rester soudée et à se battre pour l’avenir. Un thème d’actualité… Dans Wozé jadin, le message est: cultivez l’amour et transmettez-le. Fô sa fin’, lui, aborde le manque de respect qu’il y a entre enfants et adultes dans notre société.

Ali Angel pose son empreinte sur cet album, une collaboration entre artistes de générations différentes, c’est chose rare dans le zouk…

Je crois en la jeunesse. J’ai suivi son travail de loin. Je l’apprécie beaucoup parce que ses compositions me donnent envie de danser. Nous avons co-composé et co-réalisé cet album. Je cherche toujours à me renouveler. J’ai débuté avec Frédéric Caracas et Wily Salzedo, ensuite j’ai collaboré avec Jean-Michel Rotin, Frédéric Wurtz, etc.


Lors d’une interview, vous avez déclaré que l’on ne pouvait pas évoquer tous les sujets sur le zouk…

On dansait et chantait sur les tubes de Kassav car ils traitaient de tous les sujets. Je pense qu’à cette époque le zouk était une affirmation identitaire. Aujourd’hui, cette musique est uniquement vue de l’extérieur comme du « collé-serré »… C’est l’une des raisons pour lesquelles le zouk est absent des festivals. Le rap et le dancehall ont cette liberté dans les messages que le zouk n’a plus. Il faut que la nouvelle génération rectifie le tir.


Vous vous autoproduisez, s’appeler TSV ne suffit pas pour réintégrer une major ?

Je suis déjà passé par-là, ça ne m’intéresse plus. Une fois que l’on passe en major, on a un meilleur budget, mais pas le bon mode de communication et l’on doit vendre plus de disques. C’est une pression que je ne veux plus vivre. On a besoin de plus d’exposition médiatique et cela doit venir d’une volonté politique et culturelle. Voit-on les artistes qui ont signé en major sur TF1 ? Non. Il nous faudrait une major antillaise pour développer notre musique, une maison de production à la « Motown » en quelque sorte.


Comment avez-vous laissé la Guadeloupe ?

Bien. Les choses reprennent leur cours. Il y a une partie du peuple qui est satisfaite, mais il reste encore beaucoup à faire.


Le titre Nasyon Kréyol… pourrait-il être un appel à l’indépendance ?

Pas du tout, je ne suis pas indépendantiste. La Guadeloupe ne produit pas le quart de ce qu’elle consomme donc ce n’est pas envisageable. Nasyon Kréyol, c’est un ensemble: Guadeloupéens, Martiniquais et Guyanais confondus. Nous sommes Français mais nous avons nos spécificités.


Comme beaucoup d’artistes, soutenez-vous le LKP ?

Oui, mais mon attachement au LKP n’est pas politique.


Comment s’annonce le concert à l’Olympia ?

Tout se passe très bien au niveau des répétitions, on peaufine encore le show. Rendez-vous le 11 avril.


Après 24 ans de carrière, a-t-on toujours la même envie ?

Je suis chanteuse et passionnée de musique. Je ne me suis jamais découragée, même si c’est parfois difficile. Aujourd’hui, lorsque l’on voit les ventes de disques, il faut vraiment avoir envie de chanter pour faire ce métier.


Les années passent et vous n’en portez pas les marques… Quel est votre secret ?

Je fais attention comme toutes les femmes qui veulent rester agréable à regarder. L’essentiel, c’est d’être beau dans son cœur.

crédits photos: Slam photographie

Tanya Saint-Val – What’s up

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