30 mars 2009
Publié par John

Naïla Khol: « Je suis Antillaise de cœur »

Après avoir connu le succès en 2003 avec le titre Instant volé, composé par Ronald Rubinel, Naïla Khol est de retour. L’album Éclats de rêves est sorti en 2008, le titre Larmes de diamant est un tube. Naïla s’est confiée à Tropicalizer avec simplicité et bonne humeur.


De quelle origine es-tu ?

Algérienne. Je suis née et j’ai grandi dans les Hauts-de-Seine (92).


Comment es-tu arrivée au zouk ?

Par des amies antillaises durant mes années collège. J’ai commencé à apprécier Richard Birman, Alex Catherine, Orlane, N’jie, Jocelyne Béroard… [Ses yeux pétillent à l'évocation de son répertoire "zouk nostalgie"] J’étais une fan de RnB et de soul: Aaliyah, Mariah Carey, Whitney Houston, Aretha Franklin, Stevie Wonder… A l’époque, je chantais déjà, je faisais les chœurs pour des groupes de rap.


Raconte-nous l’histoire du titre Larmes de diamant

J’ai travaillé dans le social en tant que médiatrice. J’ai observé les tiraillements entre « ados » et parents: les uns demandent leur liberté, les autres veulent les protéger. A cet âge, par ailleurs, les enfants n’arrivent pas à dire  » je t’aime  » à leur maman.


Tu as mis 4 ans entre Instants volés et ce premier album…

Il y a eu une année où j’ai fait la tournée. Ensuite, j’ai pris mon temps pour mettre sur papier toutes les émotions accumulées. J’ai cherché les bonnes personnes: lorsque l’on débute avec Ronald Rubinel, il faut poursuivre avec des pointures… Thierry Delannay a réalisé l’album Éclats de rêves avec brio. Nous avons mis un an pour le faire.


L’album se vend bien ?

Le démarrage a été très bon. Éclats de rêves est sorti en juillet dernier et a dépassé les 1000 unités vendues fin septembre. Tout se passe bien, j’en suis très heureuse.


Les artistes zouk qui signent en major, ça te fait rêver ?

Oui et non. Mon rêve était de faire un album et je l’ai réalisé. Je ne serai pas triste si je ne signais pas en major. Mon but est de faire aimer le zouk à un maximum de gens. Cela dit, si ça devait se faire, ce ne serait que du bonus.


Comment ta famille a-t-elle perçu ce choix musical ?

J’ai fait adhérer mes sœurs au zouk ! Mes parents écoutent ce que l’on écoute, donc il n’y a pas eu de problème. Pour eux, je fais de la musique et ils n’ont pas eu d’ a priori sur le zouk. Mes proches sont fiers. Ils ont été touchés par les textes que j’ai écrits.


Tu parles créole…

Un peu [elle la joue modeste, elle est quasiment bilingue], j’ai appris avec mes amis. Je me suis aussi beaucoup intéressée à la culture. Je suis Antillaise de cœur. Dans le titre Désillusions, j’utilise le proverbe « Sa ki la pou’w, larivyè pa ka chayé’y » (littéralement: ce qui t’es destiné, la rivière ne l’emporte pas). Je l’utilise dans la vie de tous les jours.


As-tu eu de l’appréhension en allant chanter aux Antilles ?

Le public était étonné de voir que je n’étais pas Antillaise, mais il ne s’est pas arrêté à ça. ["Sé on Blan ? Awa, on Awab ki la mwen diw" (C'est une Blanche ? Non, c'est une Arabe je te dis), imite-t-elle avec un accent créole quasi-authentique, rires...] J’ai beaucoup aimé l’ouverture d’esprit des gens. Il n’y a pas eu de préjugés et j’ai toujours été à l’aise. Je venais apporter un message: le zouk s’ouvre et fait tomber des frontières.


A quand Naïla en prestation en Algérie ?

Certes, il y a des fans de zouk là-bas, mais… c’est comme-ci Super Bus (groupe de rock) faisait un concert aux Antilles: il n’y aurait pas grand monde. J’aimerais chanter en Algérie, mais je me vois plutôt faire une scène ouverte zouk, rnb et rap avec plusieurs artistes, comme cela se fait déjà au Maroc et en Tunisie.


Naïla Khol – Larmes de diamant

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